Avec la chaleur du printemps, voilà les asperges

S’agit-il d’une légende, quand on dit qu'on les a souvent associées à des monstres, à cause de leur tête qui ressemble à celle d'une vipère, avec des écailles triangulaires et de leurs racines "spongieuses et chevelues" ?

Aphrodisiaque, symbole phallique, l'asperge a une réputation lourde à porter...

 

 Voilà l' histoire de ses rapports avec les hommes et les femmes à travers quelques époques de référence .

 

Connue des Egyptiens depuis 2000 ans , l'asperge figure parmi les offrandes faites aux dieux sur des fresques. Ce légume-tige de la famille des Liliacées poussait à l'état sauvage autour du bassin méditerranéen.

 

Les Grecs lui prêtaient des vertus aphrodisiaques.

Hippocrate , médecin de l’Antiquité grecque, utilisait l’asperge pour soigner les diarrhées et les douleurs de l’urètre. Cette plante contient en effet de l’asparagine reconnue pour ses qualités diurétiques.

 

les Romains les cultivaient  en fosse.

Ce sont  les légions de César, qui au retour d’Orient, ramenèrent l’asperge en Europe.
Caton donne de précieux conseils sur la culture de l'asperge. D'Après Pline les asperges cultivées de la région de Ravenne étaient très réputées, mais ce dernier ne semble guère les apprécier: " La nature a voulu que les asperges fussent sauvages pour que chacun puisse les cueillir et voilà des asperges cultivées. "

Suétone rapporte que l'empereur Auguste utilisait volontiers la locution : " En moins de temps qu'il n'en faut pour cuire les asperges."

On sait que Jules César les dégustait avec du beurre fondu.


Au Moyen-Âge, l'asperge fait partie des très fameuses " cinq racines apéritives majeures " ( fenouil, ache, fragon ou petit houx, persil ), mais elle n'est pas considérée comme un légume .

 Elle sera  à nouveau cultivée en 1300, autour de Paris, Argenteuil, sa terre d'élection, Bezons et Épinay.

Il semblerait que ce soit les Arabes qui aient introduit l'asperge en Espagne d'où elle gagna la France.


L'asperge a inspiré et fait tourner bien des têtes 


16ème siècle

Rabelais qui voit en elle un prodige de la gourmandise conseille de la fortifier avec de la corne de bœuf pilée, ce qui n'est pas sans rapport avec sa réputation d'aphrodisiaque.

Ronsard vante ses mérites en ces termes :

" L'artichaut et la salade
L'asperge et la pastenade,
Et les pompons tourangeaux,
Me sont herbes plus friandes
Que les royales viandes
Qui se servent à Monceau ..."

 

Les premiers colons en route pour le Nouveau Monde emportèrent avec eux des griffes d'asperge à repiquer.


17 ème siècle

Louis XIV raffolait des asperges

  Le jardinier du Roi Soleil la fit pousser toute l'année en serres chaudes, pour le plus grand plaisir de Madame de Maintenon qui disait que l'asperge était une" invite à l'amour ".  Jean-Baptiste de la Quintinie réussissait le prodige de les forcer dès septembre dans les " quarrés " de son potager pour lui en fournir dès le mois de décembre. Le roi se les faisait servir en entremets, à la sauce douce, c'est-à-dire à la crème.

Au 18ème siècle ,

le poète et philosophe Fontenelle, réputé pour sa longévité exceptionnelle (1657-1757) avait un faible pour les asperges à la vinaigrette, tandis qu'un de ses amis, abbé de son état, connu pour son embonpoint et son amour de la bonne chère, avouait une préférence pour les asperges en sauce blanche. Fontenelle invita son ami à manger des asperges, mais après moult discussions, ils finirent par se mettre d'accord pour qu'une moitié soit cuisinée à la vinaigrette selon les goûts de Fontenelle, et l'autre moitié selon les vœux de son invité. Hélas, à peine la décision prise, l'abbé s'écroula, victime d'une crise d'apoplexie. Selon la petite histoire, Fontenelle aurait sans perdre une seconde jailli dans la cuisine en criant : " Thérèse, toutes les asperges à l'huile !"

19ème siècle

Pendant la guerre de 1870, un gendarme solognot du nom de Charles Depezay participa à une sortie à Argenteuil pendant le siège de Paris. Caché dans un champ d'asperges, lui qui se piquait de jardinage eut tout le loisir de réfléchir à leur culture. De retour chez lui en Sologne, il planta des asperges. La première botte récoltée par lui fut dégustée par le maréchal de MacMahon.

Il est à noter que l'asperge était à cette époque interdite dans les pensionnats de jeunes filles par les religieuses qui  la soupçonnent d, 'exciter l'imagination et les sens de ces demoiselles .


Aujourd'hui, Il me plait à penser à l' asperge sauvage :

L'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) encore appelé asperge des bois 

C'est une plante bulbeuse, aux feuilles linéaires qui disparaissent pratiquement à la floraison en laissant une hampe florale d'assez grande taille portant de nombreuses fleurs blanc-verdâtre en grappes grêles.

On la rencontre dans les prairies, les talus, et les bois clairs, jusqu'à 1200 m d'altitude.

Les jeunes pousses sont comestibles d'où les noms « asperge des bois » ou « aspergette » qui lui sont donnés dans certaines régions.



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Il faut rêver le monde pour pouvoir l'habiter .

C'est mon éthique, je souhaite vous la  faire partager .