J'aime entendre des histoires, douces et légères, acides ou cruelles, celles qu'on lit à voix haute pour un plaisir de plus, celui de l'émotion, du partage quelquefois , souvent .Celles que je vous offre pour le moment sont vraies, je verrai après, c'est en fonction des rencontres, des envies aussi .
Faites-les vivre à votre guise, je n'ai pas un sens aigu de la propriété.
Ecoutez des histoires,plein d'histoires, ouvrez un peu la bouche comme les enfants pour mieux les entendre
Je vous recommande une conteuse : Clémentine Magiera. J'ai passé quelques jours avec elle lors d' un stage de chant, elle a un coeur comme j'aime.
Envie de la voir et l'écouter ?
La vie ,
le plaisir,
la création,
la mort,
Tout cela ne tient qu'à un fil
Je n’aime pas trop les histoires douloureuses mais celle-ci est touchante car la peine est transcendée, transfigurée en dynamique et en création artistique .La souffrance perd ainsi son côté négatif ; du pathos, on rebondit vers une reconscruction
C’est ce que nous raconte la légende qui suit.
Dans le golfe de Tarente, un bateau conduisait joyeusement une future mariée et ses amies vers son futur époux. Une tempête se leva brutalement ; les matelots luttèrent vaillamment contre les vents et les vagues mais le bateau chavira. Tous périrent noyés.
Dans l’histoire que j’ai lue, on ne raconte pas la douleur du jeune homme, pas plus que celle de ses parents. C’est une personne de condition modeste, dignement aimante qui va nous guider dans la suite du récit .
Une fois accompli le travail des pleureuses, la nourrice arriva discrètement.
Combien de fois jadis s’était-elle levée la nuit pour vérifier le sommeil de la gamine qu’elle élevait ? combien de gronderies pour les bêtises de
l’enfance , combien de conseils pour la jeune fille qu’elle devenait ? Oui, combien de vertes réprimandes , combien de rires et de câlins pour consoler et apprendre à vivre!
Blême de chagrin, la vieille femme déposa près de la tombe une corbeille rassemblant la parure nuptiale et quelques objets que la jeune fille avait
aimés. Afin de préserver du temps cette offrande, elle nettoya rapidement de ses doigts une tuile et la posa sur l’ensemble. Une racine d’acanthe se trouvait par hasard dans le creux de la
tuile.
Au printemps suivant, des feuilles entourèrent la corbeille, mais en rencontrant le tulle, elles furent forcées de se recourber avant d’orner l’anse .
Le sculpteur Callimaque, passant auprès de ce tombeau, vit le panier et de quelle façon ses feuilles naissantes l’avaient environné : cette forme nouvelle lui plut infiniment, et il en imita la manière dans les colonnes qu’il fit depuis à Corinthe.
C'était un dimanche d'hiver ensoleillé, on était bien dans ce moulin de Duras, chacun de nous se laissait aller aux paroles qui fusaient doucement.
Avec son mari, à tour de rôle, ils m'ont raconté une belle histoire :
" Cet étang nous apaise.
Un jour, un impressionnant vol d'aigrettes s'est posé au pied de l'arbre que tu vois sur la photo. Je ne sais pas si elles nous ont vus car on ne faisait pas de bruit. Un bien curieux manège a commencé. Elles ont investi les branches basses de l'arbre, mais si méthodiquement qu'on aurait pu croire qu'elles obéissaient à un chef qui organisait leurs places respectives. C'était troublant de les voir posément se déplacer puis rester comme si enfin elles se sentaient chez elles.
C'est rien que de la plume ces oiseaux, ils paraissent gros mais les minces branches où ils étaient ne ployaient même pas alors qu'ils n'étaient pas loin d'une cinquantaine.
Et puis, les cormorans noirs sont arrivés et eux non plus n'ont pas fait attention à nous. Alors qu'il y a toute une rangée de grands arbres près de l'étang, Ils ont choisi le même pour se percher, mais bien haut, sur les branches de la cime. Ils ne se mélangeaient pas aux aigrettes. Ils n'étaient pas agressifs vis à vis d'elles non plus. Le même ballet de placement des oiseaux s'est reproduit, quelques jacassements, sans plus .Les deux groupes sont restés en place un quart d'heure .De loin, les aigrettes avaient l'air de petits mouchoirs qui s'agitaient pour dire quelque chose, les cormorans hochaient dignement leur cou, un peu condescendants vis à vis de leurs frivoles voisines du dessous.
Sans que l'on comprenne en quoi consista le déclic du départ, ils se sont envolés.
Un autre jour , nous sommes revenus vers cet arbre, à la même heure, avec une amie, en espérant que le même spectacle se reproduirait. Effectivement, Ils sont revenus, ils se sont posés juste sur l'arbre près duquel nous étions, histoire de nous faire comprendre que notre présence était insignifiante. Une demi-heure après, la nuit commençait à tomber, ils sont partis.
A la fin du récit, quelqu'un a dit : " Dans une autre vie, j'étais peut-être un oiseau"
Cl.O
Dans la vie, on ne peut pas toujours tout expliquer, raisonnablement je veux dire. A preuve
l’histoire de celle qui parla un jour à l’oreille d’un chien.
Cela commença et finit aussi très banalement. Entre les deux, place au mystérieux.
Au départ donc, une belle balade dans les Cévennes, en forêt, qui devait se terminer par un repas d’amis, dans un gîte. C’est curieux comme au milieu des futaies, on peut se balader avec un
groupe et sans y prendre garde, s’en trouver brutalement séparé. L’instant d’avant, on parlait de choses et d’autres à son voisin, et, tout d’un coup, on se retourne, persuadé de trouver là
l’interlocuteur et…plus personne, l’absence, le silence, oui, surtout le silence, comme si le temps s’était écoulé différemment ou s'amusait à vous jouer un tour.
ELLE, car ce ne peut être qu’ELLE, se retrouva ce jour-là dans cette situation. Dans les minutes qui suivirent son isolement, elle scruta les bois, tendit l’oreille pour
interpréter le moindre craquement de branches qui lui aurait donné l’orientation à prendre pour retrouver tout le monde, appela, mais en vain : tout était singulièrement
silencieux.
ELLE s’adossa à un arbre, lui expliqua en riant que dans les légendes, les arbres aident les pauvres femmes perdues, trouvent un langage pour leur fournir des indications
dans pareille situation, mais l’arbre n’était pas magique, rien ne se passa. Plus d'une heure s’écoula, elle commença à s’inquiéter : elle n’était encore jamais allée dans ce
gîte ! Elle ne connaissait pas cette forêt.
Soudain, un chien apparut, un de ces chiens de chasse pas très haut sur pattes, fox terrier peut-être, l’air bonasse, furetant de ci de là avec sa clochette pour se donner de
l’importance. Quand elle lui parla, il retroussa ses arcades sourcilières, dressa ses oreilles, s’assit sur son arrière-train, histoire de s’installer confortablement pour entamer une
conversation. Quand elle eut fini d’expliquer son problème, il se leva, elle sut qu'elle devait le suivre.
Un quart d’heure plus tard, elle était devant le gîte où personne n’avait marqué grande inquiétude de son absence. L’apéritif avait été servi. Elle attrapa un verre, un toast pour …, se
retourna, le chien avait disparu.
C. O
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Au détour d'un virage, l'apparition a de quoi surprendre . "Land art", nostalgie de pilote d'avion, grand jouet pour les enfants ?